Le nom des livres de la Bible : Un voyage entre sens et révélation

 

    Vous l’aurez sans doute remarqué : Les cinq premiers livres de la Bible, également appelés la Torah, ont chacun un titre bien particulier. Mais vous êtes-vous déjà interrogé sur la manière dont ces titres ont été choisis ? Et surtout, sur ce qu’ils nous révèlent sur leur sens profond ?

Si la question vous intrigue, cet article est fait pour vous.

    Dans la plupart des traductions de la Bible, les titres des livres sont choisis en fonction de leur contenu ou du message qu’ils transmettent. C’est une manière d’offrir un aperçu global de ce que le lecteur s’apprête à découvrir.

Prenons l’exemple du livre de la Genèse : son titre vient du latin Genesis, signifiant « création » ou « origine ». La raison est évidente : ce livre raconte l’origine du monde, le commencement de la création et la naissance de l’humanité.

Mais dans la Bible hébraïque, la logique est tout autre. Les livres ne sont pas nommés d’après leur contenu, mais selon le premier mot avec lequel ils commencent. Ce mot d’introduction est porteur de l’essence du livre, il est une clé de lecture qui révèle l’intention divine derrière le texte.

Voyons cela plus en détail à travers les cinq livres de la Torah.

1. Genèse – Bereshit (בְּרֵאשִׁית) : « Au commencement »

    Comme évoqué précédemment, le mot Genèse fait référence à l’origine. Il est d’ailleurs passé dans le langage courant : On parle souvent de « revenir à la genèse d’un problème » pour désigner le fait de remonter à son origine.

 

Comprendre les débuts d’une chose permet de mieux saisir son sens actuel. De même, connaître les origines d’une personne, c’est-à-dire son vécu et son parcours, permet de comprendre qui elle est aujourd’hui.

C’est précisément la raison pour laquelle ce mot est utilisé comme titre pour ce livre.

 

Ce sens est également bien présent dans le texte hébraïque. Le livre débute par le mot Bereshit, qui signifie littéralement « dans un commencement ».

Le premier verset peut ainsi être traduit par :

« Dans un commencement, Dieu créa… »

ou encore « En un commencement, Dieu créa… »

 

2. Exode – Shemot (שְׁמוֹת) : « Les noms »

    Les titres français et hébreu de ce livre ont deux significations bien distinctes.

Le mot Exode évoque une sortie, un départ d’un lieu pour en rejoindre un autre, souvent dans un contexte d’exil ou de transition. Il renvoie logiquement au récit de la libération du peuple d’Israël hors d’Égypte relaté dans ce livre.

Mais en hébreu, ce livre est appelé Shemot, qui signifie « Les noms ».

Pourquoi ce titre ? Parce que le texte commence ainsi :

« Voici les noms des fils d’Israël qui vinrent en Égypte avec Jacob… » (Exode 1:1)

Dans la pensée biblique, le nom n’est jamais anodin. Il reflète l’identité profonde, parfois même la destinée. Le titre Shemot souligne donc une dimension plus intime du livre : ce n’est pas seulement un récit de libération, mais celui de la formation de l’identité du peuple de Dieu. Dieu ne se contente pas de faire sortir les Israélites d’Égypte, Il façonne et révèle progressivement l’identité de Son peuple.

3. Lévitique – Vayikra (וַיִּקְרָא) : « Et Il appela… »

    Le Lévitique, parle principalement de la prêtrise : l’ensemble des lois rituelles et des règles liées aux fonctions sacerdotales. Il est souvent perçu comme un livre complexe et s’adresse en particulier aux prêtres responsables du culte, issus de la tribu de Lévi (également appelés les Lévites).

 

En hébreu, il s’intitule Vayikra, « Et Il appela… », verbe issu de la racine Qara, qui signifie appeler, convoquer, inviter. Ce mot exprime bien plus qu’un simple appel : il évoque une invitation divine à vivre selon une vocation sacrée.

 

Ce livre est donc une convocation à la sainteté. Il nous enseigne comment vivre d’une manière qui honore Dieu, à travers des lois, des rituels et des attitudes, pour devenir l’homme ou la femme que Dieu nous appelle à être.

4. Nombres – Bamidbar (בְּמִדְבַּר) : « Dans le désert »

    Le livre des Nombres tire son nom du recensement du peuple d’Israël au début du récit. Cela peut donner l’idée qu’il s’agit d’un simple livre de chiffres… mais en réalité, c’est bien plus que cela.

 

En hébreu, le livre est nommé Bamidbar, qui veut dire « dans le désert ». Et c’est là que réside le cœur du récit : le désert y est dépeint comme un lieu de transition, d’épreuve, mais aussi de transformation.

C’est dans cet zone aride que Dieu éduque, corrige et prépare Son peuple à entrer dans la Terre promise, après sa sortie d’Egypte.

5. Deutéronome – Devarim (דְּבָרִים) : « Les paroles »

    Le mot Deutéronome signifie littéralement « seconde loi », car il s’agit d’une reprise, cette fois sous forme de discours, des lois déjà données dans les livres précédents. Il marque la fin de la traversée du désert et le début d’une nouvelle étape pour le peuple d’Israël.

En hébreu, le livre est appelé Devarim, ce qui signifie « les paroles ». Ici, ce n’est plus Dieu qui parle directement, mais Moïse, qui transmet les instructions divines au peuple, juste avant leur entrée en Canaan :

« Moïse commença à expliquer cette loi, au-delà du Jourdain, dans le pays de Moab, en disant : » (Deutéronome 1:5)

Dans la tradition juive, ce livre est aussi appelé Mishné Torah, c’est-à-dire « répétition de la Torah » ou « double de la Torah ». Il s’agit d’une relecture inspirée par Dieu, un discours d’adieu de Moïse, mais aussi une préparation spirituelle à recevoir la Parole dans une nouvelle dimension.

La Bible annonce d’ailleurs la venue d’un prophète semblable à Moïse :

« Je leur susciterai un prophète comme toi […] et je mettrai mes paroles dans sa bouche. » (Deutéronome 18:18)

Ce passage est souvent interprété comme une prophétie messianique, annonçant celui qui viendra révéler la pleine compréhension de la Torah.

Pour résumer, les titres des livres de la Torah, qu’ils soient en hébreu ou traduits, ne sont jamais le fruit du hasard. Ils nous ouvrent une porte sur le message spirituel profond de ces écrits. Lire la Torah, c’est plus que lire une histoire : c’est entrer dans un dialogue avec Dieu, dans lequel chaque mot et chaque nom compte.

Voici ce que signifient les titres des 5 premiers livres de la Bible :

  • Bereshit : Dans un commencement
  • Shemot : Les noms
  • Vayikra : Et il appela
  • Bamidbar : Dans le désert
  • Devarim : Les paroles

En les mettant bout à bout, ces titres forment une phrase qui apporte une nouvelle lecture de la Torah, une autre dimension du message enseigné.

À vous d’essayer !

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2 juin 2026/

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