« Dieu parle tantôt d’une manière tantôt d’une autre »

Texte traduit ou interprété ? (1/3)

Avant tout, il convient de rappeler, comme peut-être bon nombre d’entre nous le savent déjà, que les textes sacrés de l’Ancienne Alliance ou Nouveau Testament, ont été écrits, à l’origine, majoritairement en hébreu et en araméen. Les différentes versions que nous rencontrons aujourd’hui de la Bible sont donc des traductions de ces textes sacrés, et en somme, de la Bible hébraïque. 

Dans l’introduction de son article intitulé Peut-on traduire sans trahir ? , Le Docteur Jean MAURAIS affirme ceci : « L’adage bien connu « Traduire, c’est trahir » sert souvent à exprimer l’idée répandue selon laquelle aucune traduction ne transmet parfaitement ou même convenablement l’original. »

Nous pouvons donc en conclure ceci : il n’existerait pas, à proprement parlé, de traduction de la Bible, mais uniquement des interprétations de cette dernière. En effet, son texte d’origine n’est pas transposé dans notre langue mais il est adapté à notre langue. Dès lors que l’on traduit une langue vers une autre, il y a une essence, ou ce quelque chose propre à la langue d’origine que l’on perd forcément. 

Prenons un exemple, pour illustrer notre propos. Cette célèbre phrase de l’humoriste Pierre DAC devenue un dicton français dit : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron […]  ». On l’a retrouve également dans un dicton anglais qui dit : « Practice makes perfect ». Si l’on traduit littéralement ce dernier, cela donnerait en français « La pratique ou encore pratiquer rend parfait ». Alors que le véritable dicton français dit : « C’est par l’exercice que l’on acquiert de la compétence ». Nous convenons bien que la traduction faite ne correspond pas totalement au proverbe que nous avons en français. 

Il en va de même pour les Saintes Ecritures. Cet exemple nous permet d’étayer le fait que la Bible ne serait donc pas traduite, mais interprétée. La langue hébraïque étant une langue sémite et non latine (comme le français), sa structure est différente de notre langue maternelle.

Prenons ensemble un exemple concret. Dans Job 33 :14 , il est dit ceci : « Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, Tantôt d’une autre, Et l’on n’y prend point garde. »

Même s’il est vrai que Dieu nous parle de plusieurs façons, le texte d’origine de ce verset, en hébreu, dit ceci :

 כִּֽי־בְאַחַ֥ת יְדַבֶּר־אֵ֑ל וּ֝בִשְׁתַּ֗יִם לֹ֣א יְשׁוּרֶֽנָּה׃

Si nous devions le traduire littéralement, cela donnerait :

« Car dans Un Dieu parle, et dans Deux, et on ne le considère pas. »

Le verset pourrait tout aussi bien être compris ainsi :

« Car Dieu parle Une fois, et deux fois, on ne le considère pas. » ou « Car Dieu parle Une manière, et une deuxième manière, on ne la considère pas. »

La traduction littérale du texte donne une tout autre compréhension car nous perdons la notion de « un » et « deux » dans la version Louis Segond. Pourquoi donc choisir de le traduire ainsi ? En effet, traduire cette notion par « … d’une manière ou d’une autre… » peut sembler être une interprétation.

Et vous, comment l’auriez-vous traduit ?

 
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2 juin 2026/

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